Problématiques de connectivité internet en Afrique : Quels impacts sur l’économie et l’éducation ?

Connectivité à internet en Afrique 

Les impacts sur les sur plans économiques et éducatifs

L’accès à internet a considérablement évolué dans le monde depuis les années 1990. Le nombre d’individus ayant accès à une connexion internet est passé de 0,02 à 4,39 milliards d’individus connectés selon le Digital report 2019 réalisé par We Are Social et Hootsuite. Cette progression a un impact direct sur l’économie numérique qui se développe et le secteur éducatif qui a aussi subi une véritable révolution depuis l’avènement d’internet. Ainsi « l’économie numérique mondiale représentait en 2016, 11 500 milliards de dollars, soit 15,5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial — ce chiffre devrait atteindre 25 % en moins d’une décennie ».

En Afrique du fait d’un très faible taux de pénétration internet 34% seulement dont plus de 20% entre janvier 2017 et janvier 2018 (App Annie, janvier 2018), les résultats escomptés ne sont pas à la hauteur des espoirs placés au développement du secteur. En effet, les raisons qui expliquent ce faible taux sont multiples et varient d’un pays à un autre. Généralement il y a des problèmes liés à une fourniture d’électricité stable ce que partagent bon nombre de pays, aussi il y a l’impact de la stabilité politique qui est un facteur essentiel pour attirer des investissements étrangers afin de diversifier notamment la couverture internet avec une multiplication des réseaux télécoms. Les opérateurs de télécommunications rendent en effet possible cette croissance exponentielle grâce à la performance et l’agilité des réseaux.

Dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie et de la globalisation des échanges, internet est indispensable parce que d’une part l’économie elle-même est devenue immatérielle et l’éducation presque entièrement électronique, non seulement parce que cela facilite plus vite la circulation de l’information et aussi parce qu’aujourd’hui presque tout le monde est connecté, ce qui n’est pas encore le cas de l’Afrique qui reste néanmoins le deuxième continent en terme démographique derrière l’Asie. Selon un classement entre 2017 et 2018 (cable.co.uk), par vitesse moyenne de téléchargement (Mbps) dans 46 pays du continent c’est Madagascar qui arriverait en tête avec 24.87 (Mbps) devant les géants démographiques Nigeria 1.86 (Mbps), Ethiopie 1.13 (Mbps), Egypte 1.33 (Mbps). La situation serait encore plus inquiétante dans certains pays comme la Guinée avec seulement 0.65 (Mbps) et la Somalie 0.60 (Mbps) qui sont respectivement avant dernier et dernier du classement.

Ainsi du fait d’un manque de connectivité à internet, beaucoup de jeunes ne peuvent pas accéder à des cours à distance en ligne, dans la plupart des universités, il y a encore des problèmes liés aux effectifs pléthoriques dans les amphithéâtres, et cela ne favorise pas du tout un bon apprentissage de nos jours étant donné que les réalités ne sont plus les mêmes. Paradoxalement dans le domaine économique, c’est surtout la cybersécurité qui est aujourd’hui un des principaux enjeux qui menacent les économies africaines avec le développement d’internet. Selon un rapport publié en février 2016 par la compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) la Côte d’Ivoire a enregistré des pertes évaluées à 26 milliards de francs CFA à cause de la cybercriminalité en 2013 ; le Sénégal a quant à lui perdu près de 15 milliards de francs CFA la même année.

Malgré tous ces problèmes évoqués plus haut, le nombre d’internautes africains a considérablement progressé plus de 280 millions d’internautes en 2017. Face à une telle situation, il importe de trouver les moyens de faire face car avec le système de bancarisation, ce sont des dizaines de milliards qui sont en jeu et qui ne sont pas à l’abris de la cybercriminalité.


Hassana DIALLO
Journaliste, Dakar

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