Connectivité internet en Afrique : le succès des offres internet mobile

Forfaits-internet-mobile en Afrique 

Entre réalités locales et progression rapide, le quotidien des utilisateurs africains

L’accès à l’internet est devenu indispensable aujourd’hui eu égard au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. En Afrique, l’un des continents où les habitants sont les moins connectés, de nombreux consommateurs utilisent les « forfaits » des différents réseaux d’opérateurs pour pouvoir accéder à l’internet. 

En effet, le sous-équipement, l’instabilité et l’accès limité aux réseaux électriques pour beaucoup de citoyens notamment dans les milieux ruraux, obligent certains à recourir aux forfaits-internet. Même si dans les centres villes, il existe des espaces ouverts et connectés où le Wifi peut être gratuit, leurs habitants utilisent massivement des forfaits-internet. Les travailleurs du secteur tertiaire peuvent accéder à une connexion internet libre et gratuite dans les lieux de travail, comme les bureaux, les salles de conférences, etc. 

Le pourcentage de ces derniers est toutefois très insignifiant comparé à la grande majorité des habitants africains qui vivent de leur travail dans le secteur primaire où l’agriculture représente plus de 70% de la population dans la plupart des pays du continent notamment en Afrique subsaharienne. 

L’accès à internet dans certains villages relève d’un double défi : d’abord celui de l’énergie puisque la majorité des villages n’ont pas accès à l’électricité, ensuite les panneaux solaires installés dans quelques foyers ne peuvent pas alimenter à la fois une télévision et une dizaine de téléphones portables. A ce défi énergétique, s’ajoute celui de l’absence totale des réseaux d’opérateurs dans certains villages, ce qui conduit certains villageois à marcher des kilomètres durant pour avoir un réseau (passer ou recevoir des appels). Dans ces conditions, il tout simplement impossible pour beaucoup de se connecter à internet, du fait de ces réalités même si aujourd’hui, avec le développement des TIC, certains collèges de proximité en milieu rural sont dotés de salles informatiques où ils initient les élèves aux nouvelles technologies, un luxe dont tous les habitants de la campagne ne peuvent pas bénéficier. Au Sénégal par exemple, pour utiliser un forfait-internet, vous pouvez recourir aux services de ces quelques opérateurs : Orange, Tigo, Expresso, etc.  Pour l’opérateur Orange par exemple, l’un des plus utilisés, il existe des forfaits/jour allant de 5O FCFA pour 10 mégaoctets à 400 FCF pour 400 mégaoctets, des forfaits/semaine de 500 FCFA pour 300 mégaoctets à 1500 FCFA pour 1, 5 giga d’internet, etc. Du fait de la concurrence entre opérateurs, les pass-internet proposés par Tigo et Expresso peuvent être parfois plus intéressants avec un volume de connexion plus conséquent que les pass-internet d’Orange ; avec 500 FCFA pour 1 giga de connexion la semaine proposé par Tigo par exemple ou 1000 FCFA pour 5 giga de connexion valable un mois pour l’opérateur Expresso. 

Les dépenses d’internet peuvent s’avérer lourdes pour le travailleur sénégalais si on sait que le SMIG mensuel (salaire minimum) de 1996 à 2018 était fixé à 36 243 FCFA. Depuis juin 2018 un protocole d’accord a été signé par les secrétaires généraux de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) et les autres syndicats et Confédérations des travailleurs du pays pour une revalorisation du salaire minimum. Ainsi celui-ci passe de 52 500 FCFA à partir de juin 2018 et il devrait atteindre 58 000 FCFA en décembre 2019. 

Le réseau Orange reste toutefois le plus utilisé sur le territoire sénégalais surtout dans les périphéries où il n’y a pas de possibilité pour les habitants de souscrire aux forfaits Tigo ou Expresso du fait de l’absence de ces opérateurs dans certaines contrées du pays. Dans certains villages par exemple des opérateurs comme Expresso, classé troisième opérateur et Promobile, premier opérateur de réseau mobile virtuel au Sénégal sont tout simplement absents. En effet, seules dans les capitales régionales, les habitants ont la possibilité de faire un choix du réseau en fonction de leur préférence et des avantages que présente tel ou tel opérateur. Ce qui n’est pas le cas dans la campagne où seul le réseau orange existe parfois du fait de la force de l’opérateur qui est le premier réseau 3G et 4G du Sénégal.

La principale difficulté des consommateurs sénégalais en particulier et africains en général reste l’épuisement rapide et la lenteur des pass-internet proposés par les opérateurs de téléphonie mobile. En effet, la majorité des internautes africains utilisent le téléphone portable pour se connecter. « L’Afrique subsaharienne est la région au monde où la téléphonie mobile a crû le plus rapidement ces dernières années et le haut débit mobile avance lui aussi rapidement, affirme un rapport publié à Kigali pour l’événement Mobile 360 Africa. En facilitant les échanges et le progrès technique, le haut débit pourrait ajouter plus de 150 milliards de dollars à l’économie de la région en 2022 ».  

Le coût des dépenses d’internet, les difficultés énergétiques liées à la défaillance des réseaux d’électricité et tant d’autres obstacles font que les internautes africains bénéficient moins des avantages d’internet. Mais malgré tout, il est important de rappeler qu’internet a permis le développement de divers secteurs stratégiques tels que les services financiers longtemps réservés aux détenteurs de compte en banque.  Ainsi selon McKinsey dans son étude intitulée « Lion go digital : The Internet’s transformative potential in Africa », avec les solutions technologiques  adéquates « plus de 60% des africains pourraient avoir accès aux services bancaires d’ici 2025 et plus de 90% pourraient utiliser des portefeuilles mobiles pour les transactions et les envois de fonds quotidiens ». Des secteurs comme l’éducation, la santé, le E-commerce ont aussi progressé du fait de l’impact des solutions internet à l’échelle du continent. «  En 2025, le commerce électronique pourrait représenter 10% des ventes au détail dans les plus grandes économies africaines, ce qui se traduirait par près de 75 milliards de dollars US de vente en ligne annuelle ».

En attendant que ces perspectives se concrétisent, les consommateurs africains devront faire avec les difficultés des réseaux existants à l’échelle du continent. L’accès à une connexion internet haut débit reste un enjeu fondamental pour les pays africains du fait notamment de la vétusté des réseaux électriques existants dans certains pays de l’Afrique subsaharienne notamment et du faible taux de couverture électrique. En effet, selon des chiffres de la  Banque mondiale, au début de l’année dernière, la majeure partie du continent était couvert à moitié, c’est le cas par exemple du Sénégal avec 61%, le Nigeria avec 57,7%, la Namibie avec 49%, ou encore le Soudan avec 44,9%.

 En revanche, de nombreux pays africains sont encore faiblement électrifiés. C’est le cas du Mali avec 23,7%, de la Somalie avec 19,1%, du Libéria avec 9,1%, du Tchad avec 8%, du Burundi avec 7%, et du Soudan du Sud avec 4,5%, entre autres pays ayant le taux d’électrification le plus bas en Afrique.  


Hassana DIALLO
Journaliste, Dakar

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